Rencontre avec Li Wang

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C‘est une première « Rencontre avec » pour Just Good Food et on espère que tu aimeras. On est allé à la rencontre de Li Wang, à Overisje. Impossible de faire un article comme pour un restaurant : Li n’en a pas. Mais impossible aussi de passer à côté d’elle, car ce qu’elle te propose est unique : apprendre la cuisine Asiatique.

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Qui est Li Wang

Li Wang c’est une experte de la cuisine asiatique et une experte des ingrédients d’Asie également, ses parents possèdent un magasin spécialisé à Bruxelles où tu peux trouver tout ce qui est totalement introuvable ailleurs. Les rayons cuisine du monde des supermarchés sont ridicules à côté du choix que proposent les vrais supermarchés asiatiques. Du côté de Bruxelles aussi, elle te propose des ateliers pour réaliser la vraie cuisine asiatique. Tu pourras assister à un cours de cuisine et préparer 3 recettes. Facile ! Mais oui, c’est certain, elle te donnera les conseils pour réussir. Mais si je te dis Jardin des Mondes, Pairi Daiza, Belle maison chinoise et restaurant chinois. Et bien pour y avoir mangé plusieurs fois, le buffet du parc n’a rien à envier à la très bonne cuisine. Les plats sont authentiques et réalisés avec de bons ingrédients. Entre les classiques se trouvent de belles spécialités, mais ce n’est pas le sujet nom d’un panda. On en parlera peut-être dans un prochain article, mais ça ne dépend pas de nous !

Li Wang Cuisine Asiatique

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de faire des cours de cuisine asiatique.

Li Wang : Alors j’ai un parcours un peu atypique. Je gérais un supermarché de produits asiatiques avec mes parents, comme responsable des achats. Et j’ai été en contact avec plein de produits, qu’il me fallait tester pour trouver la bonne qualité au bon prix. Du coup ça m’a amené a avoir beaucoup de contact avec les chefs. Ils m’ont donné des retours sur les produits, ils m’ont montré les choses qu’ils faisaient avec les produits. J’ai aussi toujours eu envie de cuisiner. Mes amies me demandaient si elles pouvaient venir manger chez moi, en me donnant la liste des choses qu’elles avaient envie de manger (rires).

« Ma plus grande fierté c’est que quelqu’un ait envie de reproduire mes recettes avec ses amis »

Je leur ai dit, bon, on va organiser un cours, on va faire trois recettes. Et de fil en aiguille, il y’a 7 ou 8 ans, un cours régulier avec des gens que je connaissais et même des gens que je ne connaissais pas qui finissaient par fréquenter mes cours. J’ai décidé de faire ça de manière plus organisée : une petite annonce pour lancer le cours et suite à ça, on a parlé de moi. J’ai donné cours à l’école Sasasa à Schaerbeek. J’ai passé mon diplôme d’accès à la profession, car j’ai eu des demandes de service traiteur. Ça s’est accéléré et maintenant j’y travaille à temps plein. Je devais choisir entre mon métier et la cuisine, mais je préfère m’y consacrer à fond. Je n’aime pas me qualifier en tant que chef. J’aime partager et apprendre aux gens à cuisiner.

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Carpaccio aux épices asiatiques

« J’aime beaucoup étonner les gens par rapport à la cuisine chinoise »

En Belgique, c’est un peu la bête noire de la restauration. Généralement, ce ne sont pas des cuisiniers, ils arrivent ici en Belgique et apprennent en tant que commis à reproduire la carte du restaurant avant d’ouvrir eux même leur restaurant. Principalement c’est la même chose un peu partout. On a l’impression de trouver la même chose un peu partout. Un poulet aigre-doux ce n’est pas courant. Les nouilles sautées au poulet c’est un accompagnement, pas un plat. La cuisine chinoise est tellement riche de culture et d’histoire qu’on ne peut pas la résumer à la cuisine des restaurants chinois d’ici. J’aime bien aussi la fusion européenne avec une touche asiatique.

« La cuisine chinoise est tellement riche de culture et d’histoire qu’on ne peut pas la résumer à la cuisine des restaurants chinois d’ici »

« A Taiwan, il y’a un nouveau concept chaque semaine et les gens testent sans avoir peur »

Les gens en Asie adorent les nouveaux concepts à côté des restos traditionnels. On aime du jamais vu, les gens essaient sans avoir peur. En Belgique, ça change un peu depuis quelques années, sinon c’était conservateur. Moi je viens de Taiwan, on mange beaucoup a Taiwan, c’est ce qui a de plus important. On ne loupe aucun repas ni mal manger. Chaque repas est très important.

Qu’est-ce que tu manges sur une journée à Tawain ?

D’abord ça commence à 6h du matin, comme c’est un pays tropical, le soleil se lève rapidement, tu te lèves parce qu’il fait chaud. Et ça sent la nourriture partout dans la rue dès 4h du matin dans des restaurants petits déjeuners. Ce n’est pas des pâtisseries, mais de vrais restos, crêpes salées, lait de soja sucré ou salé, des soupes, nouilles, riz.

« À midi, le choix est tel que tu peux manger autant de viande que de fruits de mer, des fruits et légumes, comme c’est une ile tropicale. »

C’est déjà bien copieux. Vers 10h, quand tu as encore faim, les petits StreetFood ont beaucoup de succès, il y’en a un peu partout, près de chez toi, en bas du bureau. Chacun essaie de se démarquer par sa propre recette. À midi, le choix est tel que tu peux manger autant de viande que de fruits de mer, des fruits et légumes, comme c’est une ile tropicale. À 16h, petit snack. Et comme le soleil se couche à 18h, on mange en famille et on sort faire ses courses, se promener, sortir avec les amis. Et là encore le petit snack de minuit. Il y a bien entendu la grande gastronomie taïwanaise, mais la cuisine traditionnelle des gens se trouve dans le streetfood. C’est pas forcément de la friture, mais de la bonne cuisine. L’influence japonaise est assez forte.

« En Belgique, c’est difficile de manger un fruit »

Ici, quand tu as envie d’un fruit, il faut aller au supermarché ou chez le marchand de fruits et légumes, et tu as le choix entre une pomme, une orange ou une poire. Tandis que dans les pays chauds il y a énormément de vendeurs de fruits déjà tout découpés, préparés sans la peau ni les graines, prêts à manger à tous les coins de rue. Les fruits et légumes, on en consomme toute la journée.

Tu crois que c’est pour ça qu’il y a moins de desserts ?

On n’a pas l’agriculture comme en Europe ou aux USA, le lait et le beurre. Donc les desserts asiatiques sont rarement très sucrés. Plutôt axés sur la texture. Les restaurants t’offrent souvent un beau plat de fruits à la fin de repas. Ici ça ressemble parfois à un produit de luxe. Les fruits et légumes sont très bon marché chez nous, abordables pour tout le monde.

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Quelle est ta plus belle découvert gastronomique ?

On adore voyager sur un coup de tête. On était partis en bourgogne et on a fait un arrêt chez un caveur de truffes, en pleine saison il nous avait sorti un énorme panier de truffes très grosses, qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Il nous a présenté le chien qui les avait trouvées. J’adore vraiment aller voir les personnes derrière les produits. Il en parle avec amour, c’était un chouette souvenir. J’ai plein de petites découvertes comme ça que j’aime. Un souvenir en Asie, c’était un resto en haut d’une montagne à Taïwan. Ma cousine m’a emmenée et m’a dit : « On doit y être pour 18h ». Ça s’appelle Minibus 6 à 9, parce que les routes sont dangereuses, et la plus grosse voiture qui peut monter c’est un minibus de 6 à 9 personnes. En plein sommet il y a une villa avec des tables. Le mari part chaque matin cueillir des herbes dans la montagne. Elle réunit tout le monde à 18h pour expliquer les légumes et explique leurs vertus. Elle cuit ça de manière très naturelle, dans un bouillon avec une petite sauce. C’était magique, ça m’a laissé un souvenir spécial.

Qu’est-ce qui t’inspire le plus dans ta cuisine ?

Les gens. Je fais une cuisine pour les gens, mon but c’est qu’ils mangent. J’ai envie de proposer quelque chose en me mettant à la place de la personne pour qu’elle se sente bien par rapport aux plats que je prépare. Je peux tout préparer, d’une lasagne à un porc laqué. J’essaie d’imaginer ce qu’elle attend pour lui proposer et aussi la surprendre. J’ai la chance d’avoir une marge de liberté, les lieux changent tout le temps, je préfère ça a un restaurant qui est le même chaque jour. Je préfère aller à leur rencontre et discuter. C’est ma touche maternelle de rencontrer les désirs de la personne, même s’ils ne sont pas exprimés.

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Et s’il ne restait qu’un seul plat ?

Les fruits et légumes, je ne pense pas pouvoir manger sans fruits et légumes.

Envie d’apprendre à cuisiner avec Li Wang ?

Les ateliers se déroulent à Overisje, pour 35 €, tout est compris, cours, ingrédients et fiche recette… et surtout de délicieux plats à cuisiner. Toutes les infos sont ici : www.lacuisinedeli.com