Benihana : Le géant du teppanyaki s’installe à Paris et bouscule le temps de midi

Véritable institution outre-Atlantique, l’enseigne Benihana s’est imposée au fil des décennies comme la référence incontournable de la gastronomie spectacle. Rachetée en février 2024 par The One Group pour 365 millions de dollars, la chaîne consolide sa position dominante sur le marché de la restauration asiatique. Elle fait d’ailleurs l’actualité sur deux fronts. D’une part, avec l’inauguration très attendue de son premier établissement parisien. D’autre part, en lançant une formule de lunch express audacieuse dans ses bastions américains historiques.

Les origines d’un show culinaire prisé par Hollywood

L’histoire de ce monument de la restauration trouve ses racines à Tokyo dans les années quarante, sous l’impulsion de Yunosuke Aoki. C’est néanmoins son fils, Hiroaki « Rocky » Aoki, qui exporte le concept à New York en 1964. Le succès ne se fait pas attendre. Benihana séduit rapidement la jet-set américaine, devenant la table privilégiée de célébrités telles que Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Halle Berry, Justin Bieber ou encore Taylor Swift. L’enseigne s’est même ancrée dans la culture pop, s’invitant dans des productions hollywoodiennes comme Le Loup de Wall Street et Mad Men.

Le secret de cette pérennité réside dans le teppanyaki, l’art du repas-spectacle. Autour d’une vaste plaque chauffante, les chefs manient les couteaux avec une dextérité désarmante. Ils font jaillir les flammes d’un mini-volcan façonné en rondelles d’oignon et propulsent les queues de crevettes jusque dans leurs toques. Ce show interactif transforme la dégustation en une expérience totale.

Une arrivée en grande pompe rue Saint-Honoré

Forte de plus d’une centaine de restaurants répartis dans 17 pays, la chaîne s’installe enfin chez nos voisins français. Benihana Paris a ouvert ses portes sur la très prestigieuse rue Saint-Honoré. Les maîtres cuisiniers y perpétuent la tradition d’immersion. Ils jonglent avec les ustensiles pour saisir des viandes haut de gamme et des fruits de mer devant un public toujours aussi captivé.

La carte parisienne met logiquement l’accent sur des produits d’exception. Chaque plat traditionnel s’accompagne de légumes grillés, de riz sauté, d’un consommé de bœuf léger, de crevettes sautées en entrée et d’une salade aux tomates d’hiver. Voici quelques options phares proposées à la clientèle :

  • Poulet grillé sauce teriyaki (40 €)

  • Filet de bœuf et champignons (52 €)

  • Saumon grillé (45 €) et crevettes citronnées (52 €)

  • Black cod sauce miso (68 €)

  • Bœuf wagyu (160 € les 200 g)

L’établissement abrite également un bar à sushis où les grands classiques côtoient des créations plus audacieuses, à l’image des Dragon rolls tarifés à 28 € les huit pièces. Du côté du bar, les mixologues servent des sakés pointus, des whiskies japonais et d’excellents mocktails. Le rafraîchissant Rising Sun, proposé à 12 €, permet de passer un mois sans alcool sous les meilleurs auspices. Bien que certains puristes puissent trouver que l’adresse manque d’un soupçon de finesse nippone, la maîtrise absolue du feu et du flair assure un moment indéniablement festif.

Le pari fou du lunch garanti en 45 minutes

Pendant que le public parisien découvre les joies de ce ballet nocturne, les succursales américaines s’attaquent au défi du temps de midi. Dans un contexte économique où s’offrir un repas au restaurant pèse lourd sur le portefeuille, Benihana frappe fort. La chaîne garantit un repas servi en moins de 45 minutes, sous peine de l’offrir purement et simplement au client.

Pour les employés de bureau lassés de la sempiternelle salade flétrie, l’offre tombe à pic. À un tarif défiant toute concurrence — 15 dollars nonante-cinq pour le poulet, le tofu ou les crevettes ; 19 dollars nonante-cinq pour la pièce de bœuf —, le convive reçoit une soupe ou une salade, du riz frit, des légumes et une protéine. Pour situer le contexte localement, une salade issue d’une collaboration avec Sweetgreen coûte actuellement 18 dollars, sans le moindre cuisinier pour assurer le spectacle en direct.

Efficacité redoutable et douce nostalgie

L’expérience a été testée dans le restaurant historique de Torrance, au charme légèrement suranné avec ses comptoirs en bois patinés. Le pari tient remarquablement la route. Chronomètre du GSM activé, l’observation commence. Le chef débarque avec son chariot d’ingrédients et son indispensable coq en plastique bleu. Les coups de couteau s’enchaînent avec rigueur, la vapeur s’échappe des plaques et les salières rythment le ballet.

Concession assumée à l’efficacité, le fameux riz sauté est préparé à l’avance. Le repas est ainsi amputé de son acte final emblématique, permettant au plat principal d’être servi en à peine 14 minutes et 30 secondes. Face à cette version raccourcie, une sensation de vide pourrait s’installer. Néanmoins, la première bouchée trempée dans la délicieuse sauce au gingembre ravive instantanément la magie. L’espace d’un instant, la nostalgie des soupers de fête en famille refait surface.

Prendre son lunch en solitaire un mercredi midi dans un centre commercial californien n’a pas le faste des grandes célébrations. L’opération s’avère toutefois d’une redoutable efficacité. L’addition finale s’élève à 31 dollars septante-neuf, boisson, taxes et pourboire inclus. Le repas, expédié en 35 minutes chrono, réussit le tour de force de concilier rapidité, qualité et souvenirs d’enfance.

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