Wallino et la Sorcière Malbouffe : conte pour enfants

213

Wallino, la Sorcière Malbouffe et les usines de Cholestérol. Voilà le roman écrit par le chef marseillais Thierry Stasiuk. Il vit depuis 10 ans en Belgique et vient de sortir ce livre aux Editions Jets D’Encre. Une manière de parler alimentation, découverte culinaire, industrie et effets néfastes de certains aliments sur la santé, sans endormir toute l’assemblée, ni compliquer les choses : le public, c’est les enfants.

via GIPHY Quand c’est trop compliqué, ça donne ça.

Wallino, la sorcière malbouffe et les usines de Cholestérol

Plantons le décor !

Bien entendu, tu ne verras ici que quelques extraits, mais pour installer un peu l’histoire, l’aventure se passe dans le royaume de Wallino avec le prince Clément, ses parents (Reine Vanessa et Roi Anthony) et sa soeur Kenza. Tout va pour le mieux dans le petit royaume où la gastronomie à la place centrale.

ee0b5c02-10e5-47e5-b157-f7dc78849e66On y trouvait les fruits des vergers situés dans les collines, une viande succulente et des poissons extra frais et goûteux. Les légumes du royaume avaient des saveurs et des odeurs à faire saliver. Les produits étaient cultivés par des agriculteurs amoureux de leur terre, soucieux du bien-être de leurs bêtes et dans le respect de l’art du métier. Tous les plats étaient préparés par des brigades de majestueux cuisiniers aux talents fous, qui sublimaient les magnifiques aliments. Du début à la fin, ils ne faisaient que traverser leurs mains expertes, douces et attentives. Les maîtres fromagers moulaient, frottaient, affinaient des fromages qui devenaient des trésors au goût unique. Les pâtissiers et les boulangers réalisaient des cascades de gâteaux, de tartes, de pains spéciaux aux formes variées, des confiseries aux diverses couleurs et aux multiples saveurs qui garnissaient des tables de plusieurs mètres de long. (Extrait de Wallino, la sorcière Malbouffe et les usines de Cholestérol)

Ce ne serait pas un conte si…

Tout continuait comme ça, non, bien entendu. Arrive l’affreuse, l’horrible, sorcière Malbouffe, qui veut s’emparer de tous les produits locaux en promettant richesse au roi.

Vous avez les meilleurs produits de tous les royaumes des environs. Vos fruits, légumes, viandes et poissons sont inégalables. Et je ne parle même pas de vos artisans au savoir-faire inestimable. Nous voudrions exploiter ces produits et les faire partager à tous les pays avoisinants. Vous deviendriez riche et puissant, grâce à notre collaboration, expliqua Mme Malbouffe à ses interlocuteurs. À ces mots, les ministres se mirent à tourner en rond autour de la table, selon leur rituel, pour réfléchir aux paroles qui venaient d’être prononcées. Surprise de ce manège, Mme Malbouffe resta sans voix. (Extrait de Wallino, la sorcière Malbouffe et les usines de Cholestérol)

via GIPHY

Hey ! Stop ! On ne peut pas t’en dire plus.

On ne va pas non plus saper tout le travail de l’auteur, non mais. Tu aimerais toi qu’on te spoile Game of Throne (si tu regardes, sinon tu t’en fiche, et moi aussi d’ailleurs). D’ailleurs, la prochaine qui meurt c’est… non… !

Des recettes locales peuplent le livre.

Une très bonne idée à mon sens c’est de distiller des recettes tout au long du compte à préparer avec les enfants. Elles se retrouvent en fin de livre. Par exemple :

Elle s’imaginait en train de déguster l’un de ses desserts favoris : une coupe de fraises de Wépion aux olives confites au sirop de miel, accompagnée d’un coulis de basilic surmonté d’une boule de sorbet au citron. (Extrait de Wallino, la sorcière Malbouffe et les usines de Cholestérol)

Ça donne envie aux enfants de découvrir les plats, puisqu’ils en ont entendu parler dans le conte. Ils découvrent aussi une spécialité locale, ici c’est les Fraises de Wépion. Et on explique aussi aux enfants pourquoi ces goûts s’associent, et ce qu’ils apportent, comme un aperçu avant dégustation.

via GIPHY – L’état actuel de la cantine scolaire

Pas juste une leçon de morale

S’il y’a bien une chose qui m’énerve a l’heure actuelle, ce sont toutes ces pseudo-sensibilisations à longueur de journée. On essaie de faire culpabiliser les gens, leur imposer de changer. Je ne pense pas que ce conte emprunte cette voie. Justement, à travers une histoire d’aventure classique de conte de fées, il parle de nourriture, au centre de l’histoire (ce qui est assez original, je ne me souviens pas d’un conte plaçant la nourriture au centre) et parle aussi des produits, du principe des aliments produits près de chez soi. Sans diaboliser l’agroalimentaire, il replace l’enfant au centre, et les produits locaux à découvrir, riche et plein de goût, à côté de lui, facile à comprendre et très proche. De l’autre côté, les méchants portent des noms communs; Malbouffe, Diabète, etc. Les personnes sont victimes de ces méchants qui augmentent le travail, sapent le bonheur et imposent un seul régime alimentaire : le fast-food. Comme les personnes en sont victimes, la solution sera, tu le devines, de revenir aux vraies valeurs. L’aventure est bien rythmée, au fil des 300 pages qui la constitue.

via GIPHY

Références :

Wallino, la sorcière malbouffe et les usines de Cholestérol de Thierry Stasiuk, ed. Jet’s d’Encre, 22 €.

Commander chez l’Éditeur 

Commander sur Amazon