Que va-t-on faire sans glyphosate. Au secours…

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Glyphosate Monsato Wallonie Interdiction

A moins que tu ne vives dans un grotte au fond des Ardennes, que tu sois devenu.e ermite au fond des bois ou que tu passes ton temps à fêter la fin des examens, tu n’auras pas pu échapper au mot Glyphosate. En Wallonie, le PS, le CDH et Ecolo ont fait passer une interdiction totale pour le particulier, et un abandon progressif pour les agriculteurs, allant plus loin que la Commission Européenne.

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Glyphoquoi ?

Le Glyphosate est le nom chimique d’un produit très connu et produit par la firme Américaine Monsanto : Le Roundup. Mais son brevet étant public depuis 2000, tout le monde peut en faire et en vendre. C’est un herbicide qui tue tout sur son passage, et désherbe totalement un morceau de terrain. Pas cher, facile à utiliser, son succès est immédiat : on en vend partout, peut-être même que dans ta famille il y’en a une bouteille. La société Monsato est très détestée un peu partout, car elle est perçue comme une industrie capitaliste malveillante et polluante. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’opinion publique. Une partie de cette aversion vient du fait que l’entreprise brevète et commercialise des graines et perçoit des royalties pour leur usage et poursuivent les agriculteurs qui resèment les graines sans payer.

 

Scandales et procès

Dans un article du journal Le Monde de 2012, on apprend par exemple que la société a été à l’origine de plusieurs scandales et catastrophes menant parfois à des condamnations. Le scandale le plus spectaculaire fut celui de l’Agent Orange, un herbicide pulvérisé en masse lors de la guerre du Vietnam. Cet herbicide pulvérisé en masse sur le pays produit encore ses effets aujourd’hui car il contient des taux très élevés de dioxine, provoquant cancers et malformations des bébés. Monsato a été parmi les 7 fabricants condamnés.

  • 3 millions de Vietnamiens ont été reconnus victimes de l’agent orange/dioxine ;
  • 34% des personnes atteintes sont des femmes. Outre des handicaps physiques, elles souffrent souvent de stérilité. En 1970, alors que la deuxième guerre du Vietnam battait son plein, des chercheurs américains ont trouvé dans le lait des mères sud-vietnamiennes 480pg/g de dioxine, soit un taux 140 fois plus élevé que celui des Américaines
  • dans 18% des foyers de victimes vietnamiennes, la femme et le mari sont tous les deux touchés
  • 85% des familles de victimes ont entre deux et quatre enfants souffrant de malformations
  • 3% des familles ont jusqu’à cinq enfants handicapés.

(Source Rue89)

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Roundup bon pour l’environnement

Dans la publicité pour le produit, le chien Rex était très content de verser ce produit « biodégradable et bon pour l’environnement », ce qui a valu aussi une condamnation pour mention mensongère en 1996. Même chose en Europe en 2007. Plusieurs études ont aussi défini le glyphosate comme étant responsable de malformation des bébés. Bien entendu, la firme a démenti.

Hormones de croissance

Le scandale des vaches (et de la viande) aux hormones de croissance vient de chez eux aussi. Un produit : Posilac est une hormone transgénique qui avait pour but de pousser la production du lait chez les vaches. Résultat : inflammations des mamelles, obligation de donner des antibiotiques, que l’on retrouve dans le lait. En 1997, le groupe a fait pression sur la chaine d’info Fox News pour que le scandale n’éclate pas. Les auteurs de l’enquête ont même été licenciés de la chaine pour l’avoir réalisé.

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OGM : Profits à profusion

Comment faire des profits fabuleux : fournir le désherbant et la graine génétiquement modifiée, OGM, qui pousse malgré le produit. De cette manière, on s’assure que rien ne pousse autre que les graines plantées. Les brevets sur les graines sont un autre pan du business plan. Des actes de biopiraterie ont aussi été constatés par l’Inde, qui s’est vue « volée » une variété locale d’aubergine, modifiée ensuite, et brevetée par Monsanto.

Terminator

Ouch, voici un nom qui fout la trouille hein. C’est une modification génétique de la plante de manière à ce que la graine de seconde génération soit stérile. Impossibles de les resemer, les firmes (parce qu’il n’y en a pas qu’une) s’approprient la nature, et garantissent leurs profits, leurs prix et leurs conditions. Tout ça donne une idée du potentiel dominateur du système.

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Alternative pour désherber

Mais peut-on se passer de tout ça : les herbicides sont quand même utiles. Et bien non, car il existe d’autres techniques, plus couteuses en temps de travail, mais bien plus respectueuses. Dans la nature, un sol retourné et nu n’est pas « naturel », les graines contenues dans le sol poussent dès que la lumière frappe la surface : herbes, orties, chardons, blés sauvages… Une vieille technique consiste a déposer un lit de paille sur le sol entre les plantations pour éviter la pousse. Dans ton jardin tu as peut-être des écorces d’arbre dans les parterres de fleurs. Le biotextile est aussi une autre manière de faire. Avec le paillage, il faut moins arroser, les insectes utiles peuvent y vivre, les légumes sont propres, les végétaux se développent mieux. Pour les trottoirs et les bordures, l’arrachage ou le brulage est une solution écologique facile.


Le faux semis est une deuxième technique : on prépare le sol comme pour planter, mais on laisse d’abord germer les mauvaises herbes. Ensuite on enlève ce qui a poussé, puis on recommence trois fois. Les graines sont épuisées et finissent par ne plus être présentes. On peut alors planter.

Bien entendu, c’est bien plus facile de sortir le pulvérisateur, mais il faut savoir ce que l’on souhaite.