Un restaurant IKEA : On dit non !

IKEA ouvre un restaurant composé de chefs amateurs, et nous on dit non ! Même pour la charité.

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IKEA ouvre un restaurant a paris

Ce soir, c’est un coup de gueule que je pousse ! Oui tu as bien entendu, je suis fâchée. Contre IKEA, pourtant je les adore, sérieusement j’aime IKEA même s’ils sont mal-aimés par pas mal de gens et que toute leur éthique n’est pas toujours au top, j’aime leur concept, leur marketing, etc. Mais là je dis STOP !

 

« On en a gros ! » comme dans Kaamellot

Un restaurant en kit

Sur Internet, ce matin j’ai lu qu’IKEA lançait un pop-up store à Paris (lieu éphémère en français) qui serait en réalité un restaurant à 10 € le menu 3 services dessert compris. Avec un chef. Non, un « amateur » (pour ne pas écrire un pigeon) qui cuisinerait pour eux (sera-t-il payé, on ne sait pas) et il sera casté suite à un concours en ligne par vote, oui oui, par vote des internautes, pour préparer plusieurs services pour 30 personnes à la fois. Et montrer tout son talent.

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Action humanitaire ?

Pourquoi est-ce mal à mon sens. Parce que le message est clair : les restaurateurs sont des salopards qui se font de l’argent sur le dos du pauvre consommateur, et IKEA, grand prince, veut rétablir l’ordre en proposant un restaurant sans chef, enfin sans professionnel à payer au prix juste. Même si tous les bénéfices seront versés au secours populaire, c’est plus du charity washing à mon sens qu’une véritable idée philanthropique, on éduque le marché en disant à quel point il est facile d’être chef et que c’est pas cher pour faire tout ça. A 10 € les trois services, boissons comprises et dessert, je me demande ce qui reste de bénéfice dans l’histoire.

Un phénomène isolé, mais dangereux

Je trouve que jouer la communication sur le style : « 30 couverts c’est les doigts dans le nez et 10 € c’est le prix juste à payer, tout le monde peut le faire ». Eh bien non, c’est nier les études et le talent du chef, de son équipe de cuisine et de salle. Et au final, ce n’est ni un chef, ni un restaurant, mais un coup marketing que le géant suédois opère ici. On l’a déjà écrit, la salle et la cuisine sont des métiers exigeants qui ne sont pas à la portée de l’amateur même passionné.

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Coup de communication

On le voit dans plein de métiers dits « créatifs »: le client essaie de fixer des prix au rabais, de le jeter en pâture et de voir quel « pigeon » mordra à l’hameçon et se laissera berner par un peu de « gloire » jetée en l’air. Tout le bénéfice publicitaire ira à la marque, et le marché en souffrira. Les grands restaurants n’ont pas de soucis à se faire, la clientèle en kit et celle des étoiles ne sont pas les mêmes, et la cuisine non plus. Mais les petites brasseries, les petits restaurants et les cafés qui servent des petits plats sont souvent les victimes de l’écrasement des prix pratiqués par IKEA, qui aspire leur clientèle et fixe le prix à la baisse. 0,50 la glace italienne à la machine, c’est presque le coût de revient. Personne ne peut concurrencer les tarifs, en vendant la même glace à 1,80 €. Le petit café lui ne peut pas vendre des meubles pour compenser la perte.

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Alternative utile : le restaurant d’application

Tu veux payer moins cher et bien manger, même très bien manger : Il existe des restaurants d’application dans toutes les écoles hôtelières, et c’est beaucoup moins cher que le restaurant. Là tu aides des étudiants en cuisine et en salle à s’entraîner à te servir, et ainsi former les futurs de demain de l’Horeca. C’est une bonne action moins chère, mais ils sont souvent méconnus. Renseigne-toi, tu verras.

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Le Château de Namur, par exemple, est un hôtel / restaurant où tout le personnel est étudiant de l’école hôtelière.