Avec la vague des émissions/blogs/groupes Facebook culinaires qui nous envahit depuis quelques années, tout le monde (re)découvre le plaisir de cuisiner. Bon pour certains il s’agit surtout d’en mettre plein la vue aux autres, mais passons. Aujourd’hui des mots comme chutney, yuzu, ou même déglacer ne sont plus l’apanage des chefs (honnêtement avant ça combien d’entre nous pensaient à déglacer une poêle ? On se contentait de verser le jus de viande dans notre assiette non ?)

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Du coup, tout le monde ou presque s’y met. Y compris des irréductibles comme moi, qui ont pourtant grandi en ayant des actions chez Cola-coca, Slow et autres Derkind (oui oui c’est subtil comme jeu de mots). Et qui sait, vous êtes peut-être comme moi. Jusqu’à présent vous aviez réussi à traverser l’existence sans devoir cuisiner…Papa/maman, un coloc’ sympa, un(e) chéri(e) qui aime vous mitonner de bons petits plats…Vous étiez relativement tranquilles de ce côté-là…Et puis un jour, bim ! Le déclic s’est fait ! Vous avez eu envie d’apprendre à cuisiner. Hourra pour vous ! Mais je dois quand même vous avertir que passé un certain âge (disons 28 ans), si on se lance en cuisine il faut s’attendre à certaines réactions plus ou moins désagréables de la part de ses proches…Surtout si d’habitude vous êtes plutôt pizzas surgelées et nuggets de poulet…Petit florilège :

  • L’effroi : Euh, oui mais, si tu nous invites chez toi, on va devoir manger ce que tu as préparé ?

Oui si je vous dis « Venez dîner chez moi je vous ferai goûter mon bœuf bourguignon », en soi c’est pour que vous le mangiez effectivement…

  • La moquerie : Ah donc maintenant tu sais que le sel dans l’eau des pâtes c’est pas pour éviter qu’elles collent ?

Rapport à un truc que vous avez dit en 2005 lors de l’annif d’une pote…Les propos tenus avant l’âge de 20 ans ne devraient pas être retenus contre leur auteur !

  • Les tentatives de découragement : Ahahahaa toi tu vas enseigner l’art de cuire un steak ?!!? Mais tu sais même pas cuire un steak !

Ben justement, c’est pour ça que j’apprends…Et si au passage je peux faire profiter d’autres novices de mes découvertes, pourquoi pas ? En plus d’après ce que j’ai appris, toi aussi tu t’y prends mal pour cuire tes steaks ! Et toc !

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  • Le mépris (même pour plaisanter) : Tu apprends à cuisiner ? C’est ça, et puis quoi encore, tu t’es mis à nettoyer les vitres aussi ?

D’accord on n’est pas tous des fées du logis…Mais on a plein d’autres qualités ! Et puis c’est pas sympa de tuer la motivation de quelqu’un dans l’œuf !

  • La maladresse : Ah tu vas avoir besoin de matériel alors ? C’est cool, au moins maintenant on saura quoi t’offrir pour ton annif.

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Oui parce qu’avant j’avais zéro passion ou centre d’intérêt…

Cela dit, quelques encouragements sont toujours les bienvenus. N’hésitez pas à le faire remarquer. Et puis rassurez-vous, quand ils auront goûté les super plats que vous concoctez, plus personne ne pensera à se moquer de vous…

Bref, tout un tas de petites réflexions anodines qu’il faut pouvoir encaisser avec le sourire. Parce qu’après tout c’est vous qui soudainement changez de comportement, pas les autres. Il est donc normal que votre entourage ait besoin d’une période d’adaptation. Cela dit, quelques encouragements sont toujours les bienvenus. N’hésitez pas à le faire remarquer. Et puis rassurez-vous, quand ils auront goûté les super plats que vous concoctez, plus personne ne pensera à se moquer de vous…

Mais ça, ce ne sont que les réactions des autres. Il y a aussi vos propres réactions qui risquent de vous surprendre. Du genre :

  • La curiosité excessive (aka la stupidité) : Tiens du poivre de Cayenne, je ne connais pas du tout. Je vais y plonger ma langue pour voir quel goût ça a…

Assurez-vous d’avoir un évier (pour recracher) et un verre d’eau (pour apaiser vos papilles) à proximité quand vous faites des expériences pareilles !

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  • Le perfectionnisme à outrance : Je te dis que mes quenelles de crème fouettée ne sont pas régulières, c’est moche !

Il y a 6 mois vous ne saviez pas ce qu’était une quenelle…

  • Une toute nouvelle forme de désespoir : Mais enfin j’ai suivi la recette (et souvent la vidéo !) à la lettre, pourquoi ça ressemble à rien ?

Avant vous vous fichiez pas mal de la forme d’un chausson aux pommes, vous vous contentiez de le manger. Maintenant vous avez envie de pleurer devant le résultat de vos 2 heures en cuisine…Et ça, c’est sans parler de l’état de la pièce après vos expérimentations…

  • Une pointe d’extrémisme culinaire : Non pas question d’acheter du coulis de fruits rouges tout fait, je vais le préparer moi-même. Et ensuite j’en ferai des tuiles pour décorer le gâteau.

Oui enfin, s’il s’agit juste d’en faire des tuiles, il ne faut pas exagérer non plus. Surtout en plein mois de Novembre. Ce trait de caractère est valable pour n’importe quoi. Tout d’un coup, il n’est plus envisageable pour vous d’acheter des légumes surgelés ou en conserve. Mais en même temps, il est totalement inconcevable d’acheter des légumes hors saison. Du coup en hiver vous vous retrouvez à bouffer du chou et du céleri 3 fois par semaine…

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  • Une certaine ambition démesurée : Ce week-end je fais ma pâte à pizza moi-même, ensuite je prépare un fond de volaille à congeler comme ça j’en aurai toujours sous la main et je termine par un bon pain maison pour la semaine…

D’accord c’est une nouvelle passion. Mais il faut souffler de temps en temps. Et surtout, on peut vite se retrouver avec une motivation qui se dégonfle comme un ballon, à peine rentré du supermarché. L’ampleur de la tâche dans laquelle on se lance peut en décourager plus d’un, même si la volonté était présente avant de partir faire les courses…Du calme donc…

  • Un syndrome de fièvre acheteuse : Non mais ça va pas, j’arriverai jamais à travailler dans des conditions pareilles ! C’est impossible de faire cette recette sans robot. Et en plus j’ai pas d’emporte-pièce, ni de poche à douille. Et puis ce manque de place…Comment je peux cuisiner avec un plan de travail si petit ? Chéri(e), il va falloir agrandir la cuisine !

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Si on n’y prend pas garde, on se retrouve à passer nos samedis dans des magasins d’accessoires culinaires. Et à dépenser notre argent en gadgets et ustensiles qui finiront par prendre la poussière dans nos armoires. Parce qu’on aura la flemme de les sortir et de les laver après utilisation, alors qu’à la main ou à la cuillère ça marche aussi…

Bref, soyez indulgents avec vous-mêmes (comme avec vos proches) durant cette période. Passé l’enthousiasme du début, vous retrouverez sans doute un certain équilibre mental et surtout une bonne dose de self-control. Vous pourrez alors commencer à réfléchir plus sereinement à vos préparations, plutôt que de vous laisser emporter par la frénésie des premiers mois…C’est promis !