Mais pourquoi est-ce que l’on peut voir la panique s’emparer de la ville d’Aix-en-Provence et ses habitants derrière des sacs de sable, armés et prêts au combat ? C’est à cause des Chinois qui essaient de leur piquer leurs calissons disent-ils ? Mais est-ce si grave et pourquoi est-ce que tout le monde s’affole ?

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©DR – Calissons de provence (les vrais)

Bon, en réalité, il n’en est rien. Un investisseur chinois a déposé, en chine, la marque « Calissons d’Aix » en suivant le principe du premier dépositaire, premier servi. Tout de suite, les journaux français crient à la contrefaçon, hurlent à qui veut l’entendre que ça ne se passera pas comme ça et que c’est la mort assurée des artisans de Provence.

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Je suis d’accord sur le fait qu’une recette industrialisée perd son authenticité, car moins chère et de moins bonne qualité, elle devient la préférée des clients et c’est bien dommage ! On peut le constater avec les marques de Camembert, de fromage de Herve, de Sirop de Liège, etc. Il n’y a pas fallu attendre après les Chinois pour avoir ces produits, comme le Maggi qui est une version Européenne de la sauce Soja. Ou encore les horribles sushis industriels piqués à la tradition japonaise. Mais faut-il pour autant redouter un « vol » du savoir-faire français sur une friandise si spéciale ou simplement la « mise en parking » du nom de marque en Chine (Mise en parking : sur internet, spéculation sur l’achat et la vente des noms de domaine). Les marques provençales ne cachent pas leur volonté de se développer à l’étranger. La tentation est grande de leur louer une marque déposée en Chine.

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Le calisson, petite friandise française

Une petite friandise en forme de « navette » (pas la fusée, mais la navette des métiers à tisser) à la pâte d’amande et au melon confit, recouvert de glaçage et produite dans la région d’Aix-en-Provence sous plusieurs variantes, mais toujours selon la tradition très précise qui date du 12e siècle.

À base de melons confits, d’amandes blanchies et d’écorces d’oranges : cette pâte est posée sur une feuille de pain azyme (fécule de pomme de terre et eau) et couverte d’un glaçage (blanc d’œuf et sucre appelé aussi glace royale). À l’aide d’un emporte-pièce, on lui donne la forme effilée d’une amande, avant de la cuire à feu doux. Cette spécialité est préparée avec des ingrédients assez coûteux et sa préparation est longue, ce qui explique son prix de vente relativement élevé. (Wikipedia)

Oui, mais voilà, cette pâtisserie n’est pas protégée par une IGP, une Indication Géographique protégée, une formule de protection Européenne qui impose d’établir un cahier de charges précis et difficile dans le cas des calissons, car chaque fabricant veut conserver ses spécificités.

Laguiolle, tous des contrefaçons ?

Cette histoire me rappelle celle des célèbres couteaux Laguiole, un couteau produit en France, à Laguiole, par une poignée d’artisans, la marque n’est pas protégée ni déposée, jusqu’a ce qu’un homme d’affaires parisien, Gilbert Szajner, s’empare de la marque en la déposant dans 38 types de produits, vendant la licence à toute personne qui veut produire des objets Laguiole et ainsi profiter de la notoriété du village. Si bien qu’aujourd’hui on trouve difficilement de vrais couteaux artisanaux. Et là, l’exemple n’était pas Chinois, il était Français.

via GIPHY – On se calme !