Andrew Newey et les photos des chasseurs de miel du Népal

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Chasseurs de miel du népal

Il y’a des photos qui te marquent et qui te transportent. Bien plus qu’un film documentaire, l’image fixe laisse partir l’imagination dans les lumières qui la compose. Je me souviens de ces livres vert GEO qui traînaient dans le grenier chez mes parents, une grosse pile poussiéreuse à une époque où aucun écran n’était dans ma chambre. Pas que les écrans soient un problème pour moi, mais quand on s’ennuyait ferme, un magazine ou un livre était une porte vers l’imaginaire. La bibliothécaire de ma ville d’enfance m’a souvent vue trainer dans les rayons et emprunter tout un tas de romans épais comme une brique.

© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014

Arc électrique visuel

Quand je suis tombée sur un article de My Modern Met ce matin, j’ai reconnu cette sensation, ce frisson devant des belles images, comme une projection intime à l’intérieur d’un ViewMaster. Un moment de découverte. Un petit arc électrique d’excitation au fond de l’oeil. Andrew Newey est un de ces photographes d’exception qui collecte des images formidables comme les Gurung collectent le miel.

© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014

Le photographe documentaire Andrew Newey a publié en 2014 le résultat d’une expédition au Népal central, où il a passé deux semaines à vivre avec la tribu des Gurung pour documenter leur art ancestral de chasse au miel. On parle bien de chasse tant les risques liés à la récolte de l’or sucré est périlleux comparé au clic d’ouverture de nos pots de miel. Perchés sur des échelles rudimentaires en cordes, ils risquent leur vie pour un morceau de cire dégoulinant de sucre. Avec des longues perches, ils frappent sur les quartiers de cire pour les faire chuter dans les paniers accrochés à la roche du pied de l’Himalaya

© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014

Les défis sont immenses pour que cette tradition perdure, car le documentaire est une sorte de pierre tombale pour cette méthode ancienne. Le nombre décroissant d’abeilles et de chasseurs de miel, la relève des jeunes qui ne suit pas à cause du danger, la réputation médicinale grandissante du miel de l’Himalaya qui a confisqué aux tribus le droit de chasser le miel au profit de permis de récolte vendus par le gouvernement et le tourisme massif sur la route des chasseurs de miel aura probablement raison de ces traditions au profit des dollars.

Andrey Newey
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey - Nepal Honey Hunters 2014
© Andrey Newey – Nepal Honey Hunters 2014

Croque la cire

Les apiculteurs ont une petite gourmandise pas très connue, à l’issue de la récolte, une fois le cadre nettoyé, ils peuvent te faire goûter un peu de miel frais encore dans son quartier de cire. Est-ce que j’ai déjà mentionné qu’un de mes grands-pères était apiculteur en Ardennes ? Et toi, grand profane que tu es, ouvres grand les yeux avec une moue un peu dégoûtée. « Quoiiii ! De la cire dans ma bouuuuche ! Nooon mais ça va pas ? ». Mais non, c’est un peu comme un chewing-gum : La cire naturelle n’a pas de gout, et le miel va s’extraire d’une pression de mâchoire, laissant une boulette de cire à cracher, mais une sensation unique et délicieuse !

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