La région de Namur est connue pour ses établissements de qualité, même mieux, le berceau de la gastronomie wallonne, certains diraient qu’ils ont même inventé la cuisine, un matin de printemps, il y’a très très longtemps, mais tu le sais toi, on n’ira pas s’aventurer jusque là. On va plutôt manger chez Coeur de Boeuf, à Profondeville.

À l’origine, le feu

On l’oublie souvent, mais la toute première cuisson a probablement été un accident de chasse, un morceau de viande tombé malencontreusement dans la braise encore chaude, ou alors un chasseur, dépité de voir son butin périr, jetant le tout au feu avant qu’un affamé passant dans coin grogne dans sa langue préhistorique que ça sentait bon et qu’il voudrait bien un morceau de sa toute nouvelle invention : La cuisson. Est-ce cet instinct primal que nous perpétuons aujourd’hui en criant « Hummm ça sent bon le barbecue » ? Pour autant que ledit barbecue n’ait pas été allumé avec un horrible cube allume feu, sans quoi il sent plutôt la mobylette en fusion que l’odeur du charbon de bois.

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Photo : Coeur de Boeuf by Agence MIAM!

À l’origine, le feu fut aussi révolutionnaire que l’induction et entraîna l’humanité dans ce qu’elle a de meilleur, la technologie (et de pire : Donald Trump et Vladimir Poutine). Et que fait-on cuire sur le feu ? Point de régime paléo, de préhistovégétarien, de graines et autres boulgour, non ! De la viande bien entendu, une bonne viande bien taillée selon les règles de l’art, découpée, maturée parfois, mais toujours délicieuse et correctement cuite.

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Tout ça s’étant perdu avec une génération de Tontons Marcels et de Papa Hubert préférant débattre du dernier 3-0 du club local que de surveiller la cuisson des brochettes, laissant le pauvre morceau de pitance aussi noir que le morceau de charbon de bois quelques centimètres dessous.

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Coeur de Boeuf, ceci n’est pas une tomate

Bien entendu, pour soulager ton estomac de ce maudit barbecue trop cuit dans le fond du jardin, et aussi t’éviter la corvée d’allumage, de jurons et de flammèches, on ne peut que te recommander d’aller faire un tour chez Coeur de Boeuf, à Profondeville, où officie Bastien Guisset aux allumettes, le tout imaginé par John Maes et Nerdjivane, bien connus de la région pour la Cuisine d’un Gourmand, une autre adresse magique dont on a parlé l’an passé. La carte saura étonner le plus réticent à la grillade, car il n’y a pas que du boeuf et des tomates à manger, mais plein d’autres choses inattendues et créatives. Solettes, plats mijotés, légumes sur le grill, bonnes viandes, frites maison, sauces réalisées par le chef. Que vous soyez un.e viandart.e ou un.e amateur.trice de belles assiettes, vous y trouverez votre compte.

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Salle de jeux

Là où certains restaurants refusent les enfants (oui oui) et où seuls les fast-foods avaient compris que jouer et manger était indispensable aux petits, Coeur de Boeuf a trouvé l’idée. La maison étant trop grande pour le restaurant, une salle à l’étage, avec vue sur la salle de jeux, permet aux plus jeunes gastronomes de se défouler tout en laissant leurs parents souffler un peu. Tous les clients seront ravis de pouvoir savourer un peu de tranquillité et les parents seront beaucoup moins inquiets.

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L’interview

Pour cette interview, nous avons posé quelques questions à John Maes et quelques autres à Bastien Guisset.

John Maes et Nerdjivane

Just Good Food : D’où t’es venue l’idée du nom « Coeur de Boeuf »
John Maes :
 Alors on cherchait quelque chose d’un petit peu décalé, qui voulait parler de viande, mais sans être que sur la viande. On avait trouvé un premier nom, qui était déjà pris par un autre restaurant. Et donc on est partis sur l’idée de rappeler la viande sans en parler vraiment, et comme Coeur de Boeuf c’est une tomate, voilà !

Just Good Food : Qu’est-ce qui t’a inspiré pour créer cet endroit.
John Maes : Le grill c’est le coeur du restaurant, la grillade au feu de bois. On voulait vraiment un resto là-dessus. Puis ensuite on a évolué vers quelque chose de plus brut, mais en même temps classe, et je pense que c’est réussi, on a créée un beau cadre.

Just Good Food : Quand on vient ici, qu’est-ce qu’on doit absolument goûter ?
John Maes : Une viande grillée ! Nos entrées et nos desserts nous différencient d’un restaurant grillade classique.

A gauche : Martin Písařík en salle – A droite : Bastien Guisset, le chef

Just Good Food : À quel âge as-tu commencé la cuisine ?
Bastien Guisset : Ouf ! À quel âge j’ai commencé la cuisine ? Je suis entré à l’école hôtelière en 3e rénovée, donc vers 15 ans. Dès que j’étais gamin, j’avais cet attrait pour la cuisine donc dès que je pouvais y être ou que je pouvais mettre mon grain de sel, chipoter ou ennuyer ma mère dans la cuisine, j’étais toujours là.

Just Good Food : Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de faire ça ?
Bastien Guisset : Je ne sais pas, je n’ai pas de fait marquant, mais depuis petit j’ai toujours aimé la cuisine et hors de la cuisine je ne sais rien faire d’autre.
Just Good Food : Quelles sont les choses qui t’inspirent quand tu crées un plat ?
Bastien Guisset : J’ai toujours envie de faire partager des sentiments aux autres, j’aime beaucoup partager de la gourmandise, un plat où on a envie comme on dit de « taper dedans », on prend une bouchée, mais on veut y retourner parce que c’est gourmand.
Just Good Food : Quel produit t’a donné des sueurs froides ?
Bastien Guisset : Pour le lancement du restaurant, la cuisson des viandes est une chose très importante et pour une viande si la cuisson est ratée on perd tout l’intérêt. Il faut vraiment être sur le grill pour ne pas avoir une minute de trop ou pas assez, ça me fait assez transpirer pour l’instant ! (rires)
Just Good Food : À l’inverse, quel produit affectionnes-tu le plus ?
Bastien Guisset : La même réponse, la cuisson de la viande qui assez technique, plutôt important, et les assaisonnements. C’est quelque chose qui me plait.
Just Good Food : Et s’il ne restait qu’un seul plat ?
Bastien Guisset : Un seul plat ! Alors là une bonne côte à l’os maturée. Quand on voit la pièce arriver, on se dit « ouf », mais au final on arrive à tout manger parce que c’est bon !

 

L’adresse :

Coeur de Boeuf
Avenue du Général Gracia 23
5170 Profondeville

081 26 56 05
www.coeurdeboeuf.be

Ouvert du Jeudi au Lundi
12:00 – 14:00 et 18:30 – 21:30
Fermé le Mardi et Mercredi