Avocat Bordel Just Good Food Magazine Culinaire Agence MIAM Belgique Charlie Bérénice MARTIN

Aujourd’hui je vais te parler d’un fruit commis d’office qui fout un sacré bordel. Pas parce qu’il existe non, mais parce qu’il est devenu la nouvelle meth de Breaking Bad, à savoir le nouveau fruit que tout le monde veut. Et c’est là le problème. Histoire d’une offre et d’une demande…

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1000 litres d’eau, trois avocats

Soit 333 litres par avocat, ce qui en fait des packs de 6 si on compte bien. Quand on y regarde, ça fait 3 avocats posés sur une palette d’eau Evian en grande surface. UNE PALETTE, il faut bien aller la chercher quelque part cette eau-là, et c’est le nœud du souci.

La demande augmentant, les pays producteurs comme le Pérou, le Chili et le Mexique ont été envahis de grosses sociétés rasant forêts et buissons pour y planter ces arbres. Un hectare d’avocatier donne environ 6 tonnes d’avocats par an, et jusqu’à 20 tonnes en culture intensive. Ce ne sont donc pas les petits producteurs qui en profitent, même en bio. Comme toujours dans ce monde d’amour, on écrase tout pour faire du fric. Ces pratiques ont déclenché des protestations des habitants, privés d’eau par des captages intensifs pour l’agriculture.

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On se souvient de pratiques similaires pour l’huile de palme qui déforeste l’Amazonie et menace tout l’écosystème. Mais je ne vais pas te faire un manifeste écolo, il te suffira d’ouvrir ta TV à la rubrique Ushuaia pour voir à quel point la phrase « menacée d’extinction » se conjugue pour presque toutes les espèces animales présentées. Sans compter les plantes.

Mais que faire ?

Je t’entends déjà : et mon guacamole alors ? Et bien c’est rien, tu peux bien en consommer, mais pas 3 par semaine. Le problème réside surtout dans la recherche des superaliments, ces principes à moitié faux et à moitié vrais qui voudraient que manger ça en quantité nous donne une meilleure santé, une peau plus belle, des magazines plus riches, des vendeurs plus vendeurs et des marques plus bénéficiaires. Seuls les trois derniers arguments sont vrais.

Alors tu peux bien te faire plaisir avec ces petits fruits délicieux et crémeux, mais pas en abuser, tout ça pour qu’a l’autre bout de la planète, un paquebot tout noir n’embarque des petits bouts d’être humains dans les caisses de ses fruits exotiques.